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Compenser les taux d’intérêts négatifs

Thomas Fonsegrive fondateur du cabinet de conseil en investissement Marigny Capital
Thomas Fonsegrive, fondateur Marigny Capital. © Constance Viot – Kardinal T

A l’heure des taux négatifs, épargner coûte. Après les investisseurs institutionnels, ce sont désormais les clients privés qui voient leurs comptes de dépôt subir les conséquences des politiques de taux actuelles. Certaines banques prélèvent jusqu’à 0,75%. Ainsi, pour espérer malgré tout un rendement positif sans s’exposer de manière trop risquée aux marchés actions ou aux marchés obligataires, les produits structurés (qui comportent des barrières pour protéger le capital investi tout en optimisant les rendements) se profilent comme une alternative au dépôt classique pour les épargnants avertis. Le point avec Thomas Fonsegrive, Partner chez Marigny Capital.

 

Ne pas prendre de risque coûte de l’argent

Thomas Fonsegrive

Comment anticipez-vous les marchés pour l’année à venir ?

Grace aux effets conjugués des politiques de taux bas et à la bonne santé des valeurs boursières, 2019 a été l’une des meilleures années de la décennie. Ceci malgré l’environnement géopolitique parfois inquiétant créé par la guerre commerciale sino-américaine et le Brexit. 2020 sera une année de campagne électorale, et le marché des actions est devenu très sensible à court terme aux déclarations politiques aux Etats-Unis. Le marché des taux d’intérêts – qui sont ne l’oublions pas, une arme politique – va être plus difficile à appréhender. Cependant, les instances en place n’ont a priori aucun intérêt à paniquer les marchés et les investisseurs. Hormis des déclarations politiques fracassantes, ou un Brexit qui se passerait très mal, il nous semble que l’argent restera bon marché. Ainsi, nous n’attendons donc pas de hausse des taux, ce qui devrait continuer à profiter aux marchés actions.

L’idée est d’offrir un rendement supérieur
au taux de dividende des sous-jacents
tout en offrant une protection
contre une baisse de ces mêmes sous-jacents.

Thomas Fonsegrive

Comment les produits structurés peuvent-ils compenser les investisseurs de taux d’intérêts bas, voire négatifs ?

Les produits structurés permettent d’optimiser le rapport risque/rendement d’un investissement. La liberté de choix qu’offre cette classe d’actifs permet à l’investisseur de choisir entre un produit très sécurisé qui offrira une espérance de rendement autour de 1% (par exemple), ou bien des structures plus «agressives» qui peuvent offrir des coupons conditionnels supérieurs à 10%. Quoi qu’il en soit, la structure recherchée offre un rendement supérieur aux taux sans risque, et ce rendement va être offert dans la majorité des conditions de marchés. Comme par exemple un marché haussier, stable, ou même baissier, cela constitue tout l’intérêt des produits structurés. L’idée est d’offrir un rendement supérieur au taux de dividende des sous-jacents tout en offrant une protection contre une baisse de ces même sous-jacents.

 

Dans le contexte que vous évoquez, quels types de produits structurés recommandez-vous ?

Les caractéristiques de construction d’un produit dépendent évidemment de chaque client, de son allocation de portefeuille et bien entendu de sa sensibilité au risque. D’une manière générale nous privilégions avant tout la simplicité et la transparence du pay-off. Ainsi, nous recommandons principalement d’investir dans des produits dont le ou les sous-jacents sont des grosses capitalisations ou des indices phares.

 

Quels ont été les produits les plus sollicités par vos clients durant cette année ?

Les produits de type autocall sur actions ou sur indices représentent la majeure partie des demandes. Les clients institutionnels ont également beaucoup investi sur des reverse convertibles liées au spread de taux. Certains clients se positionnent sur l’or, via des produits à effet de levier, pour couvrir leurs portefeuilles contre une correction des marchés actions. Enfin, les produits de type crédit (avec un risque de type obligataire) reçoivent un accueil toujours plus favorable de la part des clients privés ou institutionnels.

Nous allons renforcer notre présence en Suisse en 2020
afin d’offrir nos services à une clientèle professionnelle. 

Thomas Fonsegrive

Comment choisissez-vous les émetteurs parmi les 25 banques
partenaires avec lesquelles vous travaillez ?

Chaque banque a ses caractéristiques propres et toutes ne vont pas être performantes sur les mêmes structures au même moment. C’est le travail des 4 personnes du desk structuration chez Marigny d’optimiser et d’orienter chaque requête. Le but est que le produit et le service délivrés soient les meilleurs et satisfassent le client en fonction de son cahier des charges.

 

Avez-vous des développements stratégiques prévus en Suisse ? 

Oui bien entendu ! Nous allons en 2020 renforcer notre présence en Suisse afin d’offrir nos services à une clientèle professionnelle, comme les gérants indépendants, les sociétés de gestion et les institutionnels. De plus, vous pourrez bientôt découvrir notre nouvelle plateforme en ligne pour le suivi digital de toute la chaîne d’investissement (Onboarding, sélection produit, suivi des portefeuilles).

 

 

par Salima Barragan pour Allnews

 

 


admin
Date
13 décembre 2019
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