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Marigny Capital bientôt à Genève

Thomas Fonsegrive Conseiller en investissement financier
Thomas Fonsegrive, fondateur Marigny Capital. © Constance Viot – Kardinal T

Durant la crise, le risque fut particulièrement payant. Les produits structurés ont généralement profité de conditions de rémunération avantageuses ainsi que du rebond des marchés après la tempête. A quelques mois de l’ouverture d’une filiale à Genève, entretien avec Thomas Fonsegrive, fondateur de Marigny Capital.

 

Le risque-a-t-il été payant durant les deux premiers trimestres de l’année ?

Hormis certains secteurs très touchés comme les compagnies aériennes et les constructeurs automobiles, le risque a été payant pour les investisseurs entrés en mars. Mathématiquement, lorsque les indicateurs de risque ont augmenté, celui-ci est devenu plus rémunérateur. Les investisseurs qui ont su s’exposer alors que la visibilité était au plus bas, ont été récompensés doublement. Premièrement, la rentabilité potentielle des produits était plus importante et, deuxièmement, le rebond des marchés a permis la réalisation très rapide de cette profitabilité.

Le comportement des produits lancés durant les turbulences a été spectaculaire.

Thomas Fonsegrive

Comment les produits structurés sur actions se sont-ils comportés durant les turbulences de marché ?

Dans un premier temps, la valorisation des produits lancés en février a baissé rapidement de concert avec les actions. Puis la majorité des secteurs ayant rebondi, les valorisations ont atteint des niveaux équivalents, voire supérieurs, aux niveaux de février. En outre, comme nous venons d’en parler, le comportement des produits lancés durant les turbulences a été spectaculaire. En résumé, la classe d’actifs a très bien passé l’orage. Seuls des instruments comme les Stability Notes ou les Crash Put, assortis d’une faible rémunération et présentant un risque sur le capital uniquement en cas de baisse des marchés supérieure à 10% en une journée, ont réellement souffert.

 

 

A court terme, quelles sont vos vues sur le pétrole et quelles solutions un investisseur peut-il envisager à la place des contrats futurs ?

Compte tenu de son prix avantageux vis-à-vis des énergies alternatives plus coûteuses, le pétrole redevient attractif pour une économie en reprise. Nous avons un biais sur cette thématique via des actions de grandes sociétés pétrolières traditionnelles qui n’iront jamais en-dessous de zéro contrairement aux contrats de futures! Nous aimons Total, Royal Dutch, Repsol, Eni, BP, Chevron mais aussi l’indice sectoriel Oil and Gas SXEP qui a bien répondu au rebond.

 

Quels sous-jacents vos clients préfèrent-ils actuellement ?

Après le succès avec opportunités éphémères sur des produits de capital garanti un et deux ans, il y eut ensuite une fuite vers la qualité avec les obligations souveraines américaines et européennes. Nos clients privilégient un retour sur les actions européennes car des incertitudes subsistent autour des actions américaines, hors valeurs technologiques. Enfin, plus thématique, il y a aussi un intérêt sur les produits qui permettent d’espérer un rétablissement des actions ayant particulièrement souffert comme les compagnies aériennes. Les espérances de rendement doivent alors être très importantes pour reconstituer le capital initial.

Notre bureau genèvois, qui répondra aux exigences de la LSFin, sera opérationnel au troisième trimestre

Thomas Fonsegrive

L’univers des produits structurés étant très créatif, la crise a-t-elle enfanté de nouveaux concepts ?

Non, nous n’avons rien vu de révolutionnaire notamment parce que la crise a impacté les banques qui structurent ces produits. Dans un environnement non modélisé, beaucoup de modèles se sont révélés imparfaits et les établissements financiers ont choisi de rester très conservateurs. Cependant, comme l’environnement fut exceptionnel, nous avons assisté au retour de conditions inédites sur les produits, telles que des coupons atteignant 40% par an ou des produits garantis à court terme en franc suisse.

 

Peut-on structurer des produits «durables» pour répondre à la demande en investissements ESG ?

Oui, c’est possible mais cela implique de sélectionner un sous-jacent clair dont le pay-off soit visible. A titre personnel, je me méfie du greenwashing ainsi que de certains indices ESG. Les indices synthétiques ESG sont souvent peu transparents sur leur composition et leurs espérances de performance. L’investisseur s’y retrouvera-t-il? Il est très difficile de repackager de l’ESG car au final, le placement peut se révéler très décevant; il ne sera ni un bon investissement, ni un moyen efficace de faire du bien à la planète. Sur cette thématique nous préférons travailler avec des associations qui plantent des arbres ou nettoient les océans d’un côté, et offrir en permanence les meilleures opportunités d’investissement possibles à nos clients de l’autre.

 

Depuis un certain temps, vous planifiez de vous implanter en Suisse. Quand ouvrirez-vous votre filiale à Genève ?

Effectivement notre bureau, qui répondra aux exigences de la LSFin, sera opérationnel au troisième trimestre. Il nous permettra d’être au plus proche de nos partenaires suisses et, nous l’espérons, d’engager de nouveaux collaborateurs de la place genevoise.

 


admin
Date
25 juin 2020
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